Un regard nuancé sur les réseaux sociaux

Un regard nuancé sur
les réseaux sociaux

Lors d’une soirée interclubs qui a connu un vif succès, le Rc Zottegem a réuni onze Rotary clubs de Flandre autour d’un thème d’une brûlante actualité : l’impact des réseaux sociaux et d’internet sur la santé mentale des jeunes.

Le point d’orgue de la soirée était la conférence de Stéphanie Jolie, une jeune chercheuse originaire de Flandre-Orientale qui, grâce au soutien de dix Rotary clubs et de deux districts, a brillamment obtenu (avec la plus haute distinction) son master en ‘Social Data Science’ à l’Université d’Oxford.

Le parcours de Stéphanie a débuté en mars 2024 par une demande de bourse auprès du Rotary. Le délai s’étant avéré trop court pour un Global Grant, les clubs ont néanmoins réussi à mobiliser des fonds. ‘C’est l’une des missions de notre organisation : soutenir les jeunes talents qui utilisent la science pour relever les défis de la société’, déclare Jo Vande Casteele, président du Rc Zottegem. ‘Nous sommes particulièrement fiers d’avoir pu y contribuer ensemble.’

Stéphanie Jolie lors de sa conférence au Rc Zottegem

Au cours de son intervention, Stéphanie Jolie a présenté une analyse nuancée et scientifiquement étayée. Elle a souligné que les réseaux sociaux offrent à la fois des opportunités et des risques, et que le débat est souvent mené de manière trop simpliste. ‘Les réseaux sociaux ne sont ni bons ni mauvais en soi. C’est principalement l’usage que l’on en fait, le contexte et la personnalité qui déterminent leur impact sur les jeunes’, a-t-elle ainsi affirmé.

Ses recherches montrent que si l’influence des réseaux sociaux sur le bien-être mental est réelle, elle est néanmoins limitée et complexe. Les facteurs cités plus haut et l’environnement social jouent un rôle au moins aussi important. ‘Il faut arrêter de se demander combien de temps les jeunes passent en ligne et se concentrer davantage sur la manière dont ils utilisent ce monde numérique et sur les raisons qui les y poussent’, ajoute-t-elle.

À Oxford, Stéphanie a pu allier deux de ses grandes passions : ‘Je m’intéresse beaucoup aux aspects techniques et aux possibilités des applications informatiques. Par exemple, dans le cadre de mon mémoire de master, j’ai développé un outil de soutien pour les contrôleurs qualité du secteur de la tomate. Par ailleurs, je me suis toujours montrée très engagée socialement, notamment au sein du Conseil étudiant flamand et en tant que représentante étudiante à la Faculté d’Économie de l’Université de Gand. L’impact des réseaux sociaux sur les jeunes est un sujet brûlant. Le problème, c’est que cet impact reste difficile à quantifier scientifiquement. De ce fait, par un réflexe dicté par la peur, on a tendance à imposer des interdictions assez rapidement, sans trop s’intéresser aux facteurs d’influence personnels. Par exemple, trouver une communauté en ligne partageant les mêmes idées peut être un élément très positif. À mon avis, on devrait faire preuve de plus de nuance et, surtout, donner davantage la parole aux jeunes dans ce débat.’

Soirée interclubs au Rc Zottegem

La soirée s’est conclue par une longue séance de questions-réponses qui a abordé différents thèmes : l’interdiction, l’IA, l’image de soi, la parentalité... Le dialogue entre l’intervenante et le public a mis en évidence un besoin criant d’informations fiables et d’outils pratiques.

Selon Wim Leerman, responsable du projet, cette initiative illustre la force de la collaboration au sein du Rotary : ‘C’est formidable de voir comment la science, l’engagement et les valeurs rotariennes se conjuguent ici.’ Quant à Stéphanie Jolie, elle entend poursuivre ses recherches, notamment sur l’influence de l’intelligence artificielle auprès des jeunes.

Photo de groupe à l’issue de la soirée interclubs