Créé en France en 1988 par le Rc Paris Académies et devenu national en 1989, le Prix littéraire des Rotary clubs de langue française affiche sa dimension francophone depuis 2010 avec l’entrée au jury du D 9010 (Maghreb) et la participation des deux districts francophones du BeLux (D 2150 et 2160). Il récompense un roman édité dans l’année qui, outre ses qualités littéraires, met en relief les valeurs rotariennes – service, amitié, tolérance, solidarité, paix…
Le concours, annuel, récompense un roman, qu’il soit de pure fiction, autobiographique ou historique. Le prix décerné est assorti d’un chèque de 3.000 € remis au lauréat lors d’une cérémonie, en présence du président du jury et dans une ville différente chaque année.
Parmi les lauréats, certains sont devenus célèbres : notons Éric-Emmanuel Schmitt pour L’enfant de Noé (2004), Muriel Barbery pour L’élégance du hérisson (2006), Delphine de Vigan (No et moi, 2007) et Antoine Leiris (Vous n’aurez pas ma haine, 2016). Célébrer et promouvoir la langue française dans tous ses états est l’un des objectifs du concours. Voilà pourquoi on compte également parmi les lauréats la Canadienne Antonine Maillet, la Sénégalaise Fatou Diome, le Camerounais Marc Alexandre Oho Bambe, ou encore François Cheng, d’origine chinoise, et Laura Alcoba, écrivaine d’expression française née en Argentine.
Et la Belgique ?
Double cocorico – teinté d’accent liégeois ! – en 2023, lorsque la cérémonie de remise du prix s’est tenue, sous la présidence de Jacques Toubon (ancien ministre de la Culture en France), dans la Cité ardente. C’était la première fois que la manifestation se déroulait en dehors de l’Hexagone. En outre, la lauréate était Christiana Moreau pour son livre La nuit de la tarentelle. Christiana est une artiste peintre, sculptrice et écrivaine belge autodidacte vivant à Seraing et donc à deux pas du Palais des Princes-Évêques de Liège, où la cérémonie protocolaire a eu lieu.
Fin 2025, la 38ème édition s’est déroulée à Cannes et a distingué Céline Bagault pour son roman Ici commence mon père, publié aux éditions de l’Olivier. La cérémonie, organisée par les trois Rotary clubs de Cannes, était placée sous l’égide du DG 1730 Jean-Pierre Dirick (par ailleurs auteur de bande dessinée), en présence du maire de Cannes David Lisnard et de Frédéric Lefebvre, ancien ministre.
Ici commence mon père est un livre à la fois éclairant et émouvant qui évoque la figure d'un père atteint de la maladie d'Alzheimer, mystérieusement disparu, dont la dépouille est retrouvée après six ans... Le roman sera chroniqué dans le prochain Contact Rotary.
La PDG 1760 Micheline Bonnet, vice-présidente du jury, remet le trophée à Céline Bagault en présence de Liliana Lazar, romancière roumaine d'expression française et présidente du jury.
Laissons le mot de la fin à Jean-Pierre Dirick, gouverneur du district hôte, qui souligne que cette cérémonie est bien plus qu’une simple remise de prix : ‘Dans un monde où nous sommes submergés d’images, où l’on zappe sans cesse, où la vitesse domine la profondeur et où l’immédiateté efface trop vite le sens, prendre le temps d’honorer les mots devient vite un acte de résistance. C’est toujours par le livre et par l’écrit que se diffusent les grandes et les nouvelles idées. La littérature reste plus que jamais un espace de liberté, d’évasion et de progrès, donc un facteur de paix. Et la paix, ne l’oublions jamais, reste le but ultime du Rotary.’