Après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle, Rembrant Elst (Rc Sint-Gillis – Stekene – Camasiacum) a décidé qu'il était temps de penser un peu à lui. Ainsi a-t-il emprunté le Camino del Norte, un des itinéraires du pèlerinage vers Compostelle, tout en y associant une collecte de fonds en faveur de l'épicerie sociale de Stekene.
Pendant plus de 35 ans, Rembrant a tenu un magasin de décoration intérieure avec son partenaire. « Nous travaillions jour après jour, toujours à la disposition de nos clients... Mais depuis le 1er juillet, je suis à la retraite. Une longue randonnée m'a semblé l'activité idéale pour prendre du temps pour moi, faire le point, regarder en arrière... et construire de nouveaux projets. »
Rembrant a choisi le Camino del Norte, l'un des plus anciens et des plus pittoresques itinéraires vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Au départ de Hendaye, en France, le chemin serpente sur plus de 800 kilomètres le long de la côte atlantique sauvage, à travers la Cantabrie, les Asturies et la Galice. Falaises tranquilles, collines verdoyantes et authentiques villages de pêcheurs au programme. « Une alternative plus calme et plus stimulante que le Camino Francés, très fréquenté. Avec ses dénivelés importants, le Chemin du Nord exige davantage d'efforts, mais cela en vaut la peine. »
Les premiers jours, Rembrant a marché en compagnie de sa fille. « J'avais décidé de ne réserver aucun hébergement afin d'avoir plus de liberté de mouvement. Heureusement, il y a de nombreuses auberges tout au long du parcours. La plupart du temps, on se retrouve dans un dortoir, mais cela ne me dérange pas. Se procurer de la nourriture était parfois un peu compliqué : en octobre, la saison des pèlerinages touche à sa fin et de nombreux commerces sont déjà fermés. »
« J'ai énormément apprécié cette expérience. À part quelques jours de pluie, il a toujours fait beau et les paysages étaient magnifiques. J'ai rencontré des gens venus du monde entier : Australie, Canada, Mexique et, bien sûr, Europe. Beaucoup se trouvaient, comme moi, à un tournant de leur vie. Dans ce contexte, on éprouve rapidement un sentiment de communauté, d'autant que nous regardions tous – littéralement – dans la même direction. En outre, les pèlerins ont généralement un solide bagage intellectuel, ce qui donne lieu à des conversations passionnantes ! »
Rotarien expérimenté et engagé, Rembrant a décidé d'associer une cause à son périple. « Notre club entretient de bonnes relations avec De Olijf, une épicerie sociale locale. Les personnes en situation de pauvreté peuvent y acheter denrées alimentaires et autres produits de base à un prix avantageux. Il s'agit souvent de surplus qui doivent être récupérés dans les supermarchés. Or, la camionnette de l'épicerie a 11 ans et 200.000 km au compteur. Elle est aussi trop petite, ce qui oblige les employés à faire constamment des allers-retours. » Avec le soutien de son club, de quelques Rotary clubs voisins et de quelques fournisseurs, Rembrant a finalement réuni 19.250 €, somme largement suffisante pour acheter une camionnette d'occasion et probablement d'autres équipements.
De son côté, Rembrant a attrapé le virus du Camino : « J'ai vraiment envie de repartir. Le pèlerinage de Compostelle comporte 39 variantes, donc les possibilités ne manquent pas. Qu'ai-je appris de cette aventure ? Qu'il vaut mieux opter pour des chaussettes à orteils afin d'éviter les ampoules. Et que je dois me familiariser davantage avec le monde numérique. Il paraît qu'il existe de nombreuses applications pratiques, par exemple pour trouver un hébergement de dernière minute. Je dois encore les maîtriser... »
S.V. / D.C.