La journée annuelle de rencontre de l'ANAH (Association Nationale d'Aide aux personnes Handicapées), qui s'est tenue le 22 novembre à Spa, a été en grande partie consacrée à l'élargissement de sa mission.
À partir du 1er juillet 2026, l'ANAH s'engagera en effet non seulement en faveur des personnes en situation de handicap, mais aussi des mineurs protégés et des personnes en situation de pauvreté extrême.
Le principe n'a pas changé : les Rotary clubs qui versent leurs cotisations à l'ANAH peuvent soumettre des projets sociaux au profit d'institutions améliorant la qualité de vie des groupes cibles susmentionnés. « Les critères précis auxquels ces projets doivent répondre seront bientôt définis », a déclaré la coprésidente Lydia Cnapelinckx (Rc Zaventem). « Dorénavant, pour tout projet se déroulant avant le 30 juin, la demande devra être introduite au 30 novembre de la même année rotarienne. » Autre nouveauté : les clubs demandeurs doivent être en ordre de cotisation non seulement pour l'année en cours, mais aussi pour les deux précédentes. Une disposition transitoire est prévue pour la période 2026-28.
Le club hôte de cette journée de rencontre était le Rc Spa-Francorchamps-Stavelot. Son projet phare est le Rotary Day, un évènement caritatif au cours duquel les participants sont invités à faire un tour sur le célèbre circuit de Spa-Francorchamps à bord de leur propre voiture. Les recettes sont entièrement reversées aux projets sociaux du club. À noter également la présence d'enfants en difficulté à qui l'on offre quelques tours de circuit. Avec pour conducteur, par exemple, Thierry Boutsen, l'ancien pilote de F1, qui a honoré à plusieurs reprises la manifestation de sa présence. En guise de remerciement pour l'organisation, l'ANAH a récompensé le club avec un chèque de 2.500 €.
La professeure Annick Sadzot (faculté de droit de l'ULiège) et le juge de la jeunesse anversois Herman Dams ont donné des explications sur le statut des mineurs protégés. Selon le droit belge, il s'agit d'enfants ou de jeunes placés sous un système de protection juridique parce qu'ils se trouvent dans une situation de danger ou au contraire parce qu'ils ont besoin de mesures éducatives suite à un comportement délinquant. Malheureusement, les services d'aide à la jeunesse sont confrontés à de fortes pénuries de personnel. Une partie de cette aide est assurée par des institutions privées subventionnées, qui souffrent parfois d'un déficit de financement. Herman Dams a souligné que les traumatismes subis à un jeune âge laissent souvent place à des séquelles, même si celles-ci ne sont pas toujours facilement décelables. Il a également insisté sur le fait que l'aide sociale doit être personnalisée : chaque situation étant différente, les solutions standardisées montrent vite leurs limites.
Afin de mieux comprendre les conditions de vie des personnes en situation de pauvreté, Natalie Cornet a présenté le projet « Verviers, ma ville... solidaire ». Celui-ci offre une aide directe aux familles vulnérables par l'entremise de bénévoles, d'associations locales, d'écoles et d'entreprises qui collectent et distribuent nourriture, produits d'hygiène, etc. Les actions se déclinent en « Caddies solidaires », « Restos solidaires », mais aussi en « Journées bien-être » pour les personnes en situation de détresse sociale. Au-delà de l'aide matérielle, il s'agit aussi de promouvoir la solidarité et la cohésion sociale au sein de la ville. Le Rotary et l'ANAH sont partenaires de ce projet.
Le Dr Claudio D'Incal (UAntwerpen) a attiré l'attention sur le syndrome de Helsmoortel-Van der Aa, également appelé syndrome de l'ADNP (car il est dû à une mutation de ce gène). Il s'agit d'une maladie génétique rare qui cause un retard de développement global, une hypotonie musculaire, des troubles gastro-intestinaux, etc. Elle peut entraîner diverses autres complications : anomalies cardiaques, problèmes de vision, troubles du sommeil... Le diagnostic est posé par analyse ADN et le degré de gravité varie considérablement d'un patient à l'autre. Il n'existe pour l'instant aucun traitement curatif, mais la recherche se poursuit.
Les coprésidentes Lydia Cnapelinckx et Maria-Elisabeth Van Alsenoy
Avec cette journée de rencontre, l'ANAH a franchi une étape décisive vers un impact social plus large, soutenu par les forces du Rotary. Grâce à l'engagement local de nos clubs et de leurs partenaires, nous continuons à améliorer la qualité de vie des personnes rendues vulnérables par des handicaps physiques ou sociaux.
Info : www.anah-nvsg.be