C'est ce qu'affirme Mayan Raslan, lauréate 2026 du prix Sylvia Whitlock. Cette Rotarienne égyptienne a contribué à élever des femmes au rang de leaders, a promu le microcrédit dans son pays et a participé à la construction d'une école accueillant 800 élèves.
« Lorsque vous réussissez, laissez les autres s'élever avec vous », déclare-t-elle. « Si vous êtes seul, ce n'est pas une vraie réussite... » Cette philosophie a guidé Mayan tout au long de sa carrière de chef de projet et dans son travail de recherche de fonds au profit du Rotary et d'autres organisations. Membre du Rc Cairo Royal, elle s'est engagée à aider d'autres femmes à accéder à des postes à responsabilités.
C'est en partie pour cette raison que le RI a décidé lui remettre le prix Sylvia Whitlock, qui récompense chaque année un(e) membre ayant œuvré activement à la promotion des femmes au sein de notre organisation. Il porte le nom de la première femme présidente d'un Rotary club.
Mayan a découvert très tôt l'importance du service. « Ma mère était une grande figure du travail social en Égypte, en Syrie et en Irak », explique-t-elle. « Lorsqu'elle a participé à la création d'un Lions club en Égypte, j'avais peut-être 20 ans, mais j'ai travaillé à ses côtés. Et j'ai adoré ça. »
Détentrice d'un doctorat en management et en gestion de l'université du Caire, elle a travaillé pour des ONG, des agences gouvernementales et des institutions financières. Outre les postes à responsabilités qu'elle a occupés au Rotary depuis qu'elle l'a rejoint en 1999, elle est aussi présidente de l'Union féministe égyptienne et de l'Alliance pour les femmes arabes.
Depuis 2016, Mayan s'efforce d'encourager les femmes à devenir gouverneure au sein du D 2451. Elle a également créé un prix récompensant les clubs qui font croître leur effectif féminin d'au moins un quart. Aujourd'hui, le D 2451, qui couvre toute l'Égypte, compte pas moins de 54% de femmes ! Et c'est grâce à Mayan que celui-ci dispose d'une commission Émancipation des femmes. « Peu de membres féminins occupaient des postes à responsabilités dans le district. Alors j'en ai nommé pour diriger certaines actions ou commissions. »
Cette commission Émancipation des femmes a accordé des prêts modestes (microcrédits) à des femmes cheffes de famille, a financé des formations professionnelles et au leadership, a dispensé divers conseils (comment rédiger un CV, comment se préparer au marché de l'emploi)... La commission est devenue permanente alors qu'initialement, il ne s'agissait que d'une « task force » censée fonctionner un an.
D'autre part, Mayan a dirigé un vaste projet visant à construire une école dans le gouvernorat du Fayoum, près du Caire. Elle y avait déjà travaillé avec des clubs dans le cadre d'autres actions, mais lorsque, en 2016, le gouverneur de la région a demandé au Rotary s'il pouvait construire une école, elle s'est au départ sentie dépassée : « Je ne voyais absolument pas par où commencer. Mais un de mes vieux amis rotariens, un ingénieur, m'a dit : Ne t'inquiète pas et trouvons d'abord quelqu'un qui a déjà construit une école... Voilà comment tout a démarré. »
L'établissement scolaire a ouvert ses portes en 2020, avec deux classes de maternelle. Aujourd'hui, il accueille plus de 800 élèves et le gouvernement égyptien l'a mis à l'honneur en 2025. Pour Mayan, il s'agit de la preuve ultime que les véritables réussites sont partagées. « Au fur et à mesure de votre ascension en tant que dirigeant, donnez des opportunités aux autres. Les leaders génèrent d'autres leaders. Le succès est un sport collectif. »
