Daragh Morgan nageant dans les eaux côtières irlandaises lors de son défi Swim Éire

Le défi insensé de Daragh :
faire le tour de l'Irlande à la nage

Nous sommes au début de l'été, sur une jetée balayée par les vents dans le comté d'Antrim, en Irlande du Nord. Un groupe de personnes attend de pied ferme, elles ont avec elles des serviettes et des repas chauds. Ce ne sont pas des pêcheurs de retour au bercail qu'elles s'apprêtent à accueillir mais bien Daragh Morgan, un jeune Rotarien de 27 ans qui tente de réaliser un exploit inédit.

Dénommé Swim Éire, le projet audacieux (téméraire ?) de Daragh Morgan, jeune Rotarien de 27 ans, consiste à parcourir plus de 1.600 kilomètres à la nage le long des côtes irlandaises afin d'en boucler le tour en une seule expédition.

Parti le 31 mai depuis Galway en République d'Irlande (ouest), Daragh a pour objectif d'accomplir un exploit sportif sans précédent, auquel il a adjoint un volet caritatif : collecter des fonds pour la RNLI (Royal National Lifeboat Institution), qui effectue des sauvetages en mer, et les Simon Communities of Ireland, qui viennent en aide aux personnes sans-abri.

Mary, la mère de Daragh, admet qu'elle a failli s'étrangler lorsque celui-ci lui a présenté son idée : 'Nous l'avions déjà soutenu dans d'autres projets comme une course à pied de très longue distance (plus de 200 km) mais là, c'est carrément un autre niveau – un truc de dingue.'

Nageur expérimenté en eau libre et sauveteur qualifié, le jeune membre du Rc Galway Salthill était bien déterminé à se jeter à l'eau. Il a réuni autour de lui un petit groupe de marins aguerris et s'est assuré de disposer d'un bateau d'assistance qui sert de dortoir, de cuisine et de poste de commandement, d'où l'équipage surveille chacun de ses mouvements.

Daragh Morgan sortant de l'eau après une session de nage autour de l'Irlande

Depuis le départ officiel, Daragh a nagé entre 15 et 25 kilomètres les bons jours, durant quatre à six heures en moyenne. Bien entendu, sa progression dépend fortement des éléments naturels (météo, configuration du littoral, courants, marées...), qui peuvent être de précieux alliés... ou des semeurs d'embûches.

Les piqûres de méduses font hélas partie des risques du métier. Quant à l'eau salée, elle lui a causé des plaies douloureuses sur le dos et les aisselles, malgré sa combinaison et l'utilisation d'une crème protectrice. 'Les photos sur les réseaux sociaux sont magnifiques', explique Mary, 'mais en coulisses, c'est une lutte de tous les instants.' L'alimentation est aussi un défi. Alors que les spécialistes de la nage en eau libre recommandent des liquides riches en calories et du porridge, Daragh préfère les aliments solides : sandwiches, bananes et barres énergétiques, le tout arrosé de café.

Équipe de soutien et bateau d'assistance du projet Swim Éire de Daragh Morgan

Cette terrible épreuve est heureusement adoucie par l'accueil et la gentillesses des habitants rencontrés le long des côtes irlandaises : on lui offre de la nourriture, ici une séance de sauna, là une chambre pour se reposer... Évidemment, les Rotary clubs lui apportent également un soutien pratique et moral. Mary, qui tient à jour la page Facebook et le site web du projet Swim Éire, précise : 'Ceci n'est pas une opération commerciale sophistiquée. Il s'agit de bénévoles qui donnent quelques jours de leur temps, d'amis qui apportent leur aide et de gens qui ouvrent leurs portes. Nous fonctionnons grâce à la bonne volonté et à un budget très limité.'

Malheureusement, cela se reflète dans la collecte de fonds, peu médiatisée : alors que l'objectif affiché est de 155.000 €, le compteur s'élevait à peine à 25.886 € au 11 novembre. À cette date, Daragh avait presque bouclé la boucle et l'arrivée à Galway était toute proche. Espérons qu'elle déclenchera un buzz médiatique qui fera gonfler la cagnotte. Mais il s'avère que la dernière portion (sud-ouest) est la plus compliquée : vents contraires, journées plus courtes et eaux plus froides, risques de tempêtes...

S'il réussit, Daragh sera le premier humain à accomplir le tour de l'île d'Irlande à la nage, en un seul été et sans palmes ! Mary, elle, navigue constamment entre fierté et inquiétude : 'Chaque jour, je me demande pourquoi il s'inflige cela. Mais ensuite, quand je le vois sortir de l'eau, souriant malgré la douleur, je comprends pourquoi. C'est son rêve.'

D.C.

Source : Rotary Magazine RIBI
Info : www.swimeire.ie ou pages Facebook et Instagram @swimeire