Le 10 mars 2026, la Chambre de Commerce du Luxembourg a accueilli la première soirée conférence ‘Espoir en tête’, organisée par l’Université du Luxembourg en collaboration avec le Luxembourg Institute of Health (LIH), sous l’impulsion des Rotary clubs du Grand-Duché. Cet évènement à la fois scientifique et convivial a permis d’échanger sur les maladies du cerveau, en particulier les maladies neurodégénératives, sur les projets soutenus par l’initiative Espoir en tête et sur l’importance de financer la recherche scientifique.
Les maladies neurodégénératives représentent un défi majeur de santé publique. Au Luxembourg, plus de 9.000 personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer et plus de 3.000 par la maladie de Parkinson. Grâce aux progrès récents de la recherche, notamment en matière de prévention, de nouvelles perspectives émergent. La soirée a offert une plateforme d’échange entre chercheurs et participants, mettant en lumière l’impact concret des dons sur la recherche luxembourgeoise.
Le cinéma au service de la recherche
Espoir en tête est à l’origine un projet des Rotary clubs français qui, par la suite, a été décliné sous la même forme en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg. Dans tous les cas, l’objectif est identique : inviter le public à assister à l’avant-première d’un film familial tout en soutenant la recherche sur les maladies du cerveau. Pour chaque billet de cinéma vendu 16 €, la moitié est reversée à la recherche. Au Luxembourg, depuis 2024, l’initiative soutient également la production audiovisuelle locale en sélectionnant un film national. Ainsi, l’édition 2026, qui s’est tenue le 19 avril dernier, a proposé en avant-première Allez Hëpp Hopp Hopp !, un film d’animation réalisé par Caroline Origer.
Depuis son lancement en 2013 au Grand-Duché, Espoir en tête a permis de récolter plus de 733.000 €, finançant 22 projets de recherche, dont neuf sur les mécanismes de dégénérescence, huit sur la maladie de Parkinson, trois sur la maladie d’Alzheimer et deux sur le cancer du cerveau.
L’initiative Espoir en tête a été un catalyseur pour la recherche sur le cerveau au Luxembourg, facilitant les activités de sensibilisation auprès du grand public et la prise en charge des patients. Elle a également contribué au développement de carrières scientifiques grâce à des financements pour des études pilotes et exploratoires, menant souvent à des subventions plus importantes et à des publications scientifiques. Cela a été particulièrement important pour les jeunes chercheurs, qui ont pu, grâce au financement Espoir en tête, lancer de nouveaux projets de recherche, développer de nouvelles technologies ou agrandir leurs équipes.
Projets lauréats innovants en 2025
Le PDG 1630 Norbert Friob, initiateur du projet au Grand-Duché, a ouvert la soirée en présentant les débuts du concept Espoir en tête et les succès des éditions précédentes. Philippe Lamesch, responsable du mécénat à l’Université du Luxembourg, a ensuite présenté les deux projets lauréats de l’édition 2025, soutenus tous les deux par un don de 25.000€ :
• Le professeur Paul Wilmes (Luxembourg Centre of Systems Biomedicine – LCSB), pour son projet sur l’impact des petites protéines produites par le microbiote intestinal sur les cellules nerveuses, ouvrant potentiellement de nouvelles voies pour le diagnostic et le traitement de la maladie de Parkinson. Le professeur Wilmes a souligné l’importance du soutien passé et présent d’Espoir en tête : ‘Au fil des ans, ce financement nous a permis d’explorer des pistes innovantes, souvent non éligibles aux appels à projets standard. Les données préliminaires obtenues ont servi de base à des demandes de financement européennes et nationales.’
• Iñigo Yoldi Bergua (LCSB) et le professeur Rejko Krüger (LCSB, LIH et CHL), pour leur projet commun sur la maladie de Parkinson et les patients présentant des facteurs de risque génétique élevés. ‘Le soutien d’Espoir en tête nous aide à transformer les découvertes scientifiques en progrès concrets pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Notre projet identifie des empreintes génétiques qui nous permettent de classer les patients en sous-groupes partageant une cause moléculaire commune – une étape significative vers des traitements ciblés’, a déclaré le professeur Krüger lors de la cérémonie.
Il a ensuite présenté les nombreux facteurs de risque pour les maladies neurodégénératives. En agissant sur 14 facteurs de risque modifiables, 45% des cas de démence dans le monde pourraient être retardés, voire évités, rappelant ainsi qu’une prévention efficace est possible grâce à des gestes simples au quotidien. Ensuite, des représentants des instituts luxembourgeois travaillant sur les maladies du cerveau se sont réunis pour une table ronde avec des experts de premier plan.
Tous les intervenants ont convenu que le soutien philanthropique est essentiel pour compléter les financements traditionnels. Des initiatives comme Espoir en tête interviennent souvent à un stade précoce crucial pour l’innovation. Morceaux choisis : ‘Cela nous permet de tester de nouvelles idées à plus haut risque et d’obtenir des résultats préliminaires essentiels pour postuler à d’autres financements nationaux ou internationaux très compétitifs. Ainsi, le financement du Rotary nous permet de montrer que nos innovations comptent vraiment et d’attirer d’autres financements.’ ‘La recherche est comme un puzzle : on avance pièce par pièce. Le soutien du Rotary nous aide à poser ces premières pièces cruciales.’ ‘La recherche devient de plus en plus ambitieuse et complexe. Cela nécessite souvent une collaboration entre institutions, entre cliniciens, chercheurs et patients. Le soutien du Rotary, y compris pour les projets collaboratifs, nous aide à les transformer en quelque chose de beaucoup plus grand, qui a plus d’impact.’
Info : www.espoir-en-tete.lu