S’élevant des pics granitiques des Black Hills, dans le Dakota du Sud, le mémorial de Crazy Horse est l’un des projets monumentaux les plus ambitieux au monde. Sculpté à même la roche de montagne, cet immense portrait rendant hommage au légendaire chef lakota Crazy Horse ambitionne de devenir la plus grande sculpture jamais réalisée.
Peu après le début des travaux en 1948, le sculpteur Korczak Ziolkowski se trouva confronté à un défi de taille : il lui fallait un escalier pour atteindre le sommet de la montagne. Le Rc Custer, situé à proximité, lui prêta main-forte. Les membres du club formèrent une chaîne humaine, se passant près de 29 tonnes de bois à flanc de montagne pour construire un escalier de 741 marches. ‘C’était un travail dangereux et épuisant, mais ils l’ont fait’, se souvient Marguerite Cullum, membre de longue date du club.
Le Rc Custer lors d’une visite au sommet de la montagne
Cette initiative a marqué le début d’un partenariat durable entre le Rotary et la Fondation du Mémorial Crazy Horse. Ce qui avait commencé comme une sculpture monumentale s’est progressivement transformé en une institution culturelle et éducative plus vaste, comprenant un musée et un programme universitaire de soutien aux étudiants amérindiens.
Les origines du mémorial remontent à la fin des années 1930, lorsque le chef lakota Henry Standing Bear émit le souhait de créer un équivalent amérindien au mont Rushmore voisin. Convaincu que les héros des peuples autochtones méritaient eux aussi d’être honorés dans la pierre, il porta son choix sur Crazy Horse, le célèbre guerrier qui vainquit le général George Custer à la bataille de Little Bighorn en 1876.
Standing Bear invita Ziolkowski, un sculpteur ayant œuvré sur le mont Rushmore, à prendre en charge le projet. Ce dernier consacra le reste de sa vie au mémorial, jusqu’à sa mort en 1982. Aujourd’hui, la sculpture – toujours en cours de réalisation – attire plus d’un million de visiteurs par an. Le visage de Crazy Horse, haut de près de 27 mètres, fut achevé en 1998, tandis que les travaux se poursuivent sur des éléments massifs tels que le bras tendu.
Des Rotariens ont formé une chaîne humaine pour transporter le bois nécessaire à la construction de l’escalier – Le sculpteur Korczak Ziolkowski s’entretient avec le chef Henry Standing Bear sur le site du monument
Le mémorial opère entièrement grâce aux dons et ne reçoit aucun financement public, ce qui rend les partenariats avec des organisations comme le Rotary particulièrement précieux. ‘Les bénévoles et les collaborateurs nous ont toujours aidés à faire avancer le rêve de Crazy Horse’, déclare Whitney Rencountre II, président de la Fondation. Le Rotary continue de soutenir cette dernière, notamment par le biais d’un programme qui aide les étudiants amérindiens à se préparer aux études supérieures grâce à des cours académiques, des stages et du mentorat. La Fondation a déjà octroyé plus de 2 millions US$ en bourses d’études.
Les membres actuels du club continuent de soutenir la Fondation, notamment son programme d’aide aux étudiants amérindiens (Photo : Dawn E. Lebeau)
Pour Jason Ferguson, président du Rc Custer, ce partenariat est une évidence. ‘Crazy Horse fait partie de notre communauté. Sa vision de respect, de réconciliation et d’éducation reflète pleinement les valeurs du Rotary.’ Le mémorial accueille régulièrement des activités rotariennes. Pendant la pandémie de Covid-19, il a même servi d’espace pour des réunions respectant la distanciation sociale. ‘Grâce à cela, notre club a pu rester uni pendant cette période difficile’, conclut Marguerite Cullum.